Départ de feu en bord de route causé par une imprudence humaine
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Prévention 22 Déc 2025

Pourquoi 90 % des feux de forêt sont d'origine humaine

On imagine souvent que les incendies de forêt sont une fatalité liée à la seule canicule. Pourtant, la réalité est sans appel : en France métropolitaine, 9 feux sur 10 sont d'origine humaine.

La foudre est l'unique cause naturelle recensée, ne représentant que 10 % des départs. L'homme est donc le premier responsable, mais il est aussi la principale solution. Comprendre l'origine de ces sinistres est la clé pour inverser la tendance.

1. La maladresse et l'imprudence : 70 % des causes

La grande majorité des feux ne sont pas l'œuvre de pyromanes, mais le résultat de gestes du quotidien ou d'activités mal maîtrisés.

Les gestes du quotidien : le danger de l'invisible

  • Les mégots de cigarettes : Un mégot mal éteint peut rester incandescent pendant plus d'une heure. Jeté depuis une voiture, il suffit d'un peu de vent pour enflammer une litière sèche.
  • Barbecues et feux de camp : Outre les braises, le simple rayonnement thermique peut enflammer une haie située à plusieurs mètres.
  • Véhicules : Un pot catalytique atteint facilement 400 °C. Un véhicule garé sur de l'herbe sèche peut déclencher un feu immédiatement.

Les activités économiques

  • Les chantiers (BTP) : Le meulage ou le soudage projette des particules de métal en fusion à plus de 10 mètres.
  • L'agriculture et la forêt : Le frottement d'une lame contre un caillou crée des étincelles. La déprise agricole favorise l'accumulation de combustible.
  • Les réseaux électriques : Rupture de lignes par vent violent ou arcs électriques au contact de la végétation.
Un tableau récapitulatif graphique montrant la répartition des causes de feux de forêt en pourcentage
Crédit : BDIFF / IGN

2. La malveillance : 30 % des feux anthropiques

Les actes volontaires représentent environ un tiers des incendies d'origine humaine. Il peut s'agir de vandalisme, de vengeances ou de troubles psychologiques (pyromanie).

Ces feux sont particulièrement redoutables car ils sont souvent allumés dans des zones stratégiques (en fond de vallon par vent fort) pour maximiser les dégâts.

Une forêt qui démarre fort en feu avec des flammes intenses
Crédit : Geoffrey Villeneuve pour Météo Languedoc

3. La géographie du risque : l'Interface Habitat-Forêt

La majorité des départs de feux ne se situe pas au cœur des massifs inaccessibles, mais là où l'homme rencontre la forêt :

  • Les voies de communication : Routes, voies ferrées (étincelles de freinage) et lignes électriques sont les premiers foyers.
  • L'Interface Habitat-Forêt (IHF) : C'est la zone de contact entre les habitations et les espaces naturels. Plus l'urbanisation s'étend, plus le risque augmente. C'est ici que le débroussaillement joue son rôle vital de bouclier.

4. Le climat : le multiplicateur de risque

"Si l'homme apporte l'étincelle, le changement climatique fournit le carburant."

La hausse des températures et la sécheresse des sols (qui touche désormais 15 % du territoire français contre 5 % dans les années 70) rendent la végétation extrêmement inflammable. Un geste qui restait sans conséquence il y a 30 ans peut aujourd'hui embraser une région.

5. Ce que vous risquez : la loi se durcit

La responsabilité humaine engage des conséquences lourdes, même en cas d'imprudence :

Incendie involontaire Délit passible de 2 ans de prison et 30 000 € d'amende. (Jusqu'à 10 ans et 150 000 € s'il y a des victimes).
Incendie volontaire Peines jusqu'à 15 à 20 ans de réclusion et 200 000 € d'amende.
Frais de lutte Les services de secours peuvent demander le remboursement des moyens engagés (avions, camions) aux auteurs.

Ce qu'il faut retenir

L'incendie de forêt n'est presque jamais une fatalité naturelle. Puisque nous sommes à l'origine de 90 % des départs, nous détenons aussi le pouvoir de les éviter. La prévention n'est pas une option, c'est une responsabilité collective de chaque instant.

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